La blogueuse du mois : Capucine Piot de « Babillages »

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« Je suis chef de projet le jour et blogueuse la nuit »

Capucine Piot a créé son blog « Babillages » en avril 2007. Elle a alors une seule idée en tête : « tester les produits de beauté et lire les réactions des autres beauty addicts ». Son activité favorite ? « Décrypter les tendances ». Et lorsqu’on lui demande ce que représente son blog, elle répond tout naturellement que « Babillages, c’est comme une soirée pyjama entre copines : détente obligatoire  » ! A 25 ans, elle a plus d’une corde à son arc. Après avoir fait ses armes dans la presse féminine et masculine en ligne (Vogue, GQ, Glamour, Puretrend, Elleadore…), elle se réoriente dans le marketing online et travaille actuellement chez Invisu. Véritable tremplin, son blog lui a permis de collaborer à de nombreux projets. Après Lancôme, elle représente en 2009 Gemey-Maybelline qui commence à l’époque à construire sa communauté sur le web. La belle écrit alors pour le blog de la marque et anime également la rubrique coaching beauté du site français. En septembre 2010, Capucine devient avec d’autres blogueuses, « ambassadrice » de la marque ONLY Jeans.


Tu expliques avoir créé ton blog « pour partager tes découvertes et tes secrets avec d’autres beauty addicts néophytes ou déjà bien au courant de la chose. » C’est ce que tes lectrices sont ? Qui penses-tu attirer à travers tes articles ?

Mes lectrices sont multiples. Ça va de l’ado qui ne parle pas maquillage avec sa maman et a envie de se renseigner, à la femme plus mature, sûre d’elle, qui cherche à être guidée dans son acte d’achat. Et puis, il y a les électrons libres, qui aiment lire des choses (f)utiles et qui viennent là chaque jour ou moins souvent pour prendre une bonne bouffée d’oxygène. Comme si mon blog pouvait aider les gens à s’échapper d’un quotidien morose. Globalement, je pense que mes lectrices se retrouvent dans ce que je suis, dans ce que je raconte. Je suis loin d’être un mannequin, répondant à tous les critères imposés par les diktats de la beauté et de la mode. Mais j’essaie de donner à mes lectrices de la confiance en elles en véhiculant des valeurs : soyez sûres de vous, ne suivez pas la tendance si vous ne vous y retrouvez pas, aimez-vous, rayonnez, vous êtes toutes belles à votre manière !

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Tu dis ne pas répondre aux « demandes de conseils dermato / coiffure / make-up de lectrices ». N’est-ce pas pourtant là le but de celui-ci ? Prodiguer bons conseils et idées sympas pour s’occuper de soi ? Où peut-être est-ce juste le fait que tu ne puisses répondre individuellement à chacun de tes lecteurs ?

Je ne peux pas répondre individuellement à chaque personne. Déjà parce que je manque de temps, mon blog n’est absolument pas mon métier mais bel et bien un loisir ! Mais surtout parce que je ne suis ni coiffeuse, ni maquilleuse, ni dermatologue, etc… Et qu’il est toujours bon de se faire conseiller par des professionnels surtout lorsque cela touche au domaine de la santé. Mon blog peut aider à trouver des repères, à connaître ce qui se fait dans le domaine de la beauté… Mais cela reste mon blog, avec un avis totalement subjectif, le mien. Et pour cause, lorsque je parle de produits, c’est surtout dans le cadre de tests réalisés sur mes cheveux, ma peau, etc… Et nous sommes tous différent(e)s ! Mon blog ne propose pas de coaching personnalisé, mais je prends plaisir à répondre aux questions dans les commentaires ou sur ma fanpage, lorsque j’ai la réponse ou le sentiment de bien orienter la personne… et aussi lorsque j’ai le temps. La pire chose pour moi serait de conseiller quelque chose de très mauvais à quelqu’un : je me sentirais mal.

On t’accuse parfois d’être « une vendue au grand Capital » et d’avoir fait du placement produit le maitre mot de ton blog. A cela tu répliques que tes choix éditoriaux sont motivés par les demandes de tes lectrices, les tendances du moment, et ce que tu aimes. C’est important pour toi de faire participer celles qui te lisent ?

Le blogging est pour moi une formidable aventure humaine. Je n’oublierai jamais que si mon blog est lu et m’a fait profiter d’expériences hors du commun, c’est entre autre grâce à sa communauté, à ses formidables lectrices. Alors, je me sens en partie redevable vis-à-vis d’elles, qu’elles soient des commentatrices récurrentes ou des filles de l’ombre. Si je peux faire en sorte de faire gagner quelque chose sur mon blog, je le fais avec grand plaisir. Mais je ne veux pas non plus que Babillages soit une usine à concours sinon ça n’a plus de sens. De même, il m’est arrivé il y a quatre ans d’accepter un billet sponsorisé totalement en désaccord avec ma ligne éditoriale. La somme qu’on m’a proposée à l’époque me paraissait totalement démentielle pour un article sponsorisé sur un blog tel que le mien. J’ai perdu les pédales, j’ai accepté et j’ai sacrifié mes lectrices, mon honnêteté et ma crédibilité sur l’autel de la cupidité et du Grand Capital. J’ai amèrement trinqué. Sincèrement, je me suis pris une énorme claque. J’ai compris que j’avais franchi la limite et que plus jamais je ne ferais ça. Aujourd’hui encore, j’ai honte d’avoir pu me comporter ainsi. Et je ne remercierai jamais assez mes lectrices de m’avoir ouvert les yeux. Même si ça m’a fait très mal sur le coup, ça m’a fait énormément de bien dans le fond. Aujourd’hui, cela ne m’empêche pas de m’associer à des marques mais je ne le fais que quand j’en ai envie, parce que l’expérience m’amuse, qu’il y a quelque chose à offrir à mes lectrices dans certains cas ou que la collaboration peut être bonne pour mon image. En gros, j’essaie de répondre à un de ces critères pour travailler avec une marque. Je sais que mes lectrices comprennent. Et si elles ont l’impression que j’abuse ou si elles ne comprennent pas mes choix, elles sont les premières à m’en parler et on en discute aisément ! Mes lectrices sont mon curseur.

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Tu le dis, tes lectrices sont très importantes pour toi. Mais finalement il semblerait que tu te serves plus de la Fanpage Facebook de Babillages que de ton blog pour échanger avec tes lectrices, je me trompe ?

Exactement !  Dans ma « vraie vie », j’ai un métier qui consiste entre autre à avoir Facebook toujours ouvert dans un onglet de son navigateur… Du coup, Facebook est plus instantané pour moi, c’est plus pratique. En réalité, je me connecte très peu au backoffice de mon blog, surtout lorsqu’on sait que je programme mes billets à l’avance. Je mériterais de m’améliorer sur ce point, j’adorerais pouvoir répondre à toutes mes lectrices. Mais très souvent mes envies de profiter de ma vie perso prennent le dessus !  Mea culpa !

On t’excuse ! Sinon sur ton blog tu déclares « Les marques ne me dictent pas ce que je dois publier ici lorsque j’écris librement (98% du temps, donc) ». Mais alors à quoi correspondent les 2 % restants ?

Les 2% du temps, c’est quand je rédige un billet sponsorisé pour une marque qui souhaite que je réponde absolument à un brief. C’est très très rare. En général, quand j’écris un billet sponsorisé, j’écris ce que je veux : la marque paye juste pour la parution et le fait qu’il y ait des liens & des photos dans mon post. Mais, il y a des marques très exigeantes qui m’imposent quasiment le discours : à ce moment-là, j’ai véritablement la sensation d’écrire un publi-rédactionnel mais ça ne me dérange pas. La notion « billet sponsorisé » étant systématiquement inscrite, je sais que je ne mens pas à mes lectrices. Pour avoir écrit des publi-rédactionnels pour la presse, j’ai l’impression d’être dans une logique métier, je fais le job et le lendemain on passe à autre chose, à un post spontané.

J’ai pu lire « Je teste aussi des produits que je m’offre ! ». T’est-il déjà arrivé de parler d’un produit que tu n’avais pas réellement testé ? (Promis ça restera un secret entre toi et moi … et les lecteurs de Quozzy.)

Jamais. C’est inconcevable pour moi. Je ne comprends pas comment on peut juger de l’efficacité d’une crème sans la tester. Et sans même l’utiliser pendant plusieurs semaines d’affilée sans changer de routine, par exemple. C’est entre autre pour ça que je parle de moins en moins de soins sur mon blog. Il y a six mois, une marque très connue m’a appelée pour que je devienne ambassadrice web (façon de parler) d’une crème pas du tout adaptée à ma peau et ses besoins. La campagne devait débuter 3 semaines plus tard. J’ai refusé, malgré le cachet hallucinant que l’on me proposait. Car déjà, cela n’était pas du tout en adéquation avec mon discours beauté / bien être, le produit ne me correspondait pas et en plus on me contraignait à adopter un discours sans même avoir vraiment utilisé le produit. Bref, aucune condition n’était requise pour que je me lance dans l’aventure. Aujourd’hui, c’est de plus en plus compliqué à gérer : beaucoup de marques m’envoient des produits sans que je ne demande quoi que ce soit. C’est certain, cela fait toujours plaisir de recevoir des petits « cadeaux » au bureau ou à la maison. Mais ça me met terriblement mal à l’aise. C’est totalement impossible que je tartine tout ça sur ma peau, même en un an. Et puis je n’ai pas envie que l’humain derrière la marque se vexe parce que je ne parle pas de sa marque. Loin de moi l’idée de me plaindre, cela ferait vraiment princesse pourrie gâtée ! Je dis juste que c’est très difficile de ne pas céder à toutes les tentations et dérives du blogging pour faire plaisir aux autres, etc…

Il y a quelques années tu as rencontré des problèmes de « moquerie » et tu t’es bien fait troller (je pense notamment à Twitter). Sur ton blog on lit pourtant « Babillages est un blog sur lequel on prône l’humour, le second degré et la détente. Les prises de tête ? Très peu pour moi. » Comment as-tu géré la pression à l’époque ? Et comment gères-tu aujourd’hui les quelques commentaires peu constructifs du style « tu es moche » / « tu es conne ». ?

J’ai appris à être détachée de tout ça. Honnêtement, aujourd’hui je n’en ai plus rien à faire qu’on trouve que j’ai les dents comme ci ou comme ça, un gros nez ou je ne sais quoi encore. Je me sens bien dans ma peau. Je me sens en harmonie avec mes valeurs, ce que je suis et ce sur quoi je veux tendre. Je suis épanouie et je me fiche bien de ce que des inconnus peuvent penser si c’est de l’ordre de la moquerie gratuite. Attention, si quelqu’un a un avis négatif et construit sur mon blog / ma manière de bloguer / ce que je peux dégager malgré moi, je suis capable de l’entendre. Je ne mets absolument pas tout le monde dans le même sac ! De toute façon, on ne peut pas faire l’unanimité, du moins c’est ce que je me dis. Et ce n’est pas grave. Je préfère me concentrer sur le positif, sur tout l’amour et les bonnes ondes que m’envoient mes lectrices. Ca, c’est très fort. Plus fort que tout, d’ailleurs.

J’imagine que c’est différent maintenant que ton blog a gagné en notoriété ? Est-il difficile, lorsque l’on se lance, d’être pris au sérieux ?

De toute façon, quand quelqu’un a du succès tout relatif soit-il (loin de moi l’idée de dire que je suis célèbre), il est exposé… et donc exposé à la flatterie comme à la critique et aux méchancetés gratuites. C’est le jeu. Il faut l’accepter. Quand on commence un blog, même si ce blog n’est pas énormément lu, on fait quand même le choix de s’exposer à tout ça. A nous d’avoir les reins solides !

Pour toi est-il nécessaire d’avoir étudié le journalisme, ou d’avoir un minimum d’expérience dans ce domaine pour être crédible lorsque l’on crée un blog beauté ou autre ?

Pas du tout ! Un blog est accessible à tout le monde ! On n’a absolument pas besoin d’avoir une formation quelconque pour ouvrir un blog, et c’est ça qui est super : le « pouvoir » est donné aux consommateurs et aux gens « lambda » si je puis dire.

Sur Instagram, nous sommes tombés sur une photo de toi et Rihanna :

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Dans les commentaires, une certaine Lucie t’apostrophe et te demande ce que tu fais « comme travail pour voir autant de monde », à cela tu as répondu « mon travail dans la vraie vie est bien différent de ce que je vis via mon blog ». Grâce à ton blog, tu as effectivement eu la chance de participer à des projets vraiment très intéressants, je pense notamment à ta collaboration avec Lancôme. Peux-tu nous en dire plus ?

Lancôme, c’est un projet très particulier. A l’époque, j’avais une lubie : les vidéos de maquillage sur Internet. Personne ou presque en faisait. J’avais envie de proposer ce projet à Lancôme qui était reconnu à l’époque comme un véritable pionnier sur le digital. Je me suis entourée des bonnes personnes pour mener à bien ce projet, qui peut en fait être considéré comme un pré-pilote à ce qu’est devenu Michelle Phan x Lancôme. C’était une expérience formidable.

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Je suis tombée (par hasard, si si promis) sur ce tweet de Soraya :

J’en ai par conséquent déduit ( lynche-moi si ce n’est pas le cas) que tu participais au projet 12 Goals de la demoiselle en question. J’en profite pour rappeler rapidement le principe : « Un an. 12 Objectifs. Un par mois. ». Peux-tu nous dire en quoi consiste ce troisième objectif (promis Soraya ne sera pas fâchée) ? Et surtout quel est ton rôle ici ?

A l’heure à laquelle je réponds à cette interview, nous sommes le 28 février et il est 20h44… Nous ne sommes pas (encore) en mars, alors je ne révèlerai pas tout ! Ah ah ah ! Soraya est une amie de très longue date : 10 ans d’amitié ! Je suis très fière de son parcours professionnel et je suis fière d’être toujours à ses côtés… même si avec nos emplois du temps respectifs on a du mal à se voir aussi souvent qu’avant. Ce goal de mars 2013 va nous permettre de nous retrouver, de vivre une expérience sans prétention ensemble. Mon blog surfe sur la thématique féminine, alors forcément, on ne va pas parler automobile ! Et de toute façon, je n’ai pas le permis !

Avant de passer à la question suivante, je tiens à dire que j’ai TOUT essayé pour avoir plus d’informations ! Même interroger Soraya en personne, mais ça n’a rien donné, désolée mes chatons !

Tu dis également participer « En parallèle (…) à des projets plus « sérieux » ». Qu’entends-tu par « plus sérieux » ?

Il m’arrive de faire du consulting pour des marques… dans les coulisses du blog. Je n’en parle pas sur mon blog parce que ça ne concerne pas mes lectrices et ce qui se dit lors de ces réunions consulting est totalement confidentiel. Je ne l’ai d’ailleurs toujours pas mis sur mon CV en ligne, c’est dire…! Mais en gros, je travaille avec certaines marques pour les aider à élaborer les produits de beauté de demain. Je ne sais pas si plus tard je m’orienterai vraiment dans cette branche, car j’aime mon métier actuel… Mais c’est une expérience très enrichissante et particulièrement stimulante. Cela m’oblige à être en constante veille sur les tendances, à anticiper les besoins des consommateurs, à en créer de nouveaux, à mieux cerner des marchés différents de la France que je connais très bien, mais aussi à apprendre à dialoguer avec des personnes de métiers différents du mien, etc.

Merci pour le scoop alors ! Tu as été jury pour l’élection des Marques Emergentes – label créé par Neopharma- en janvier 2010. Pourtant tu précises scrupuleusement sur ton blog et tu nous l’as rappelé plus haut, que tu n’es pas une pro, que tu n’as « aucune formation de make-up artist ou de coiffeur » et que tu es « comme le commun des mortels : une simple consommatrice ». Sais-tu ce qui les a quand même poussés à te faire jury ?

On ne s’en rend pas compte mais une blogueuse est un véritable rat de laboratoire. Quasiment tous les produits de l’industrie peuvent potentiellement passer entre ses mains, les comparaisons se font plus vite, etc. Tout ceci est bien évidemment subjectif à souhait, j’en conviens. Mais avec mon vrai travail dans le secteur du marketing, je te laisse imaginer comment on peut faire une bonne émulsion à base de tous ces composants. Là, mon profil peut devenir intéressant pour certaines personnes. Et puis, au-delà de ça, mon blog a bénéficié d’un petit coup de projecteur qui aide les marques / les partenaires à venir vers moi.

Un rapport avec le fait que ton blog ait été élu meilleur blog beauté par aufeminin.com (Festival de Romans) et le magazine ELLE en 2008 donc ?

Sans doute, oui. J’ai eu beaucoup de chance. Je n’ai jamais couru après la notoriété. Je n’ai jamais appelé une copine journaliste pour qu’elle me fasse une parution, j’ai toujours bénéficié de parutions spontanées. Et la plupart du temps je ne suis même pas au courant, ce sont mes lectrices qui me font signe ! C’est sûr que dans la même année, passer sur plusieurs chaînes TV, dans plusieurs magazines, etc… Ca aide un peu. Mais ça ne fait pas tout. Si ton contenu ne plait pas aux lecteurs, ils s’en vont.

Concernant les autres blogs, il y en a un dont on entend souvent parler aussi c’est celui de Magali Bertin (Beaute blog) dont tu as l’air plutôt proche, notamment sur cette photo :

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La considères-tu plus comme une copine «beauty addict» ou comme une concurrente ?

Magali est mon amie, on s’est connues en dehors de la blogosphère pour le coup. Ce n’est absolument pas une concurrente. D’ailleurs, on ne parle presque pas de blogging ensemble : ce n’est pas cela qui nous lie l’une à l’autre. Magali, c’est la fille qui sera là à mon mariage, par exemple. Aucune copine blogueuse ou concurrente blogueuse si tant est que je puisse considérer les choses ainsi n’en entendra parler. Je crée très peu de ponts entre ma vie perso et ma vie sur le web. Magali est dans le cercle privé, pour moi. Sur le web, vous nous voyez ensemble comme Beauté-Blog et Babillages, rien de plus.

Tu parles ici de la fin d’un tournage. As-tu l’habitude de participer à des projets avec d’autres blogueuses ?  

Oui, cela m’arrive. Quand il y a un feeling avec les blogueuses à mes côtés : c’est une chouette aventure humaine. Quand il n’y a pas de feeling : c’est aussi une chouette aventure humaine. L’essentiel est de se concentrer sur le projet, sur ce pourquoi je me suis engagée. Et on en sort toujours grandie, de toute façon !

Ce qui est drôle c’est qu’en tant que journaliste pour Glamour, Magali Bertin t’as interviewée (une situation plutôt cocasse…), te décrivant comme « la blogueuse beauté la plus célèbre de France ». C’est ce que tu penses être ?

Magali m’a interviewée une fois, oui. Pour Glamour.com. C’était une interview sur mes habitudes beauté. Je tiens d’ailleurs à préciser que je ne travaille plus pour Conde Nast depuis des années, et que tous les papiers ou mentions à mon sujet faites sur ces sites depuis mon départ n’ont aucun rapport avec mon amitié avec Magali. Je ne contrôle pas ce qui est publié à mon sujet, d’ailleurs. Je précise car un jour, un papier sur Glamour a dit que j’étais la première à lancer une tendance et des blogueuses pas contentes ont rétabli la vérité en disant que c’était une autre blogueuse qui avait publié avant moi. Des gens ont cru que j’avais quémandé la parution… C’est archi-faux et ça m’a ennuyée qu’on puisse penser que j’étais si tordue surtout que j’ai découvert le truc comme tout le monde, une fois que c’était en ligne. Bref, aucune importance mais quand même : les gens sont fous, prêts à faire n’importe quoi pour une parution presse, quitte à démolir quelqu’un en place publique… Et puis en soi, comme on dit sur le web : OSEF !! Donc, pour en revenir à ta question sur « la blogueuse beauté la plus célèbre de France »… Tout dépend de ce qu’on appelle célèbre. Et si on réduit la France à Paris, peut-être… et encore. Je sais que mon blog a une notoriété toute relative, mais que celui-ci vit dans une sphère bien précise… Bref, Babillages est loin d’être le centre de l’univers. Ni même celui de la France ! J’ai du mal avec ces raccourcis, mais c’est toujours très flatteurs lorsqu’une rédactrice en chef de magazine laisse une journaliste publier une telle interview avec un tel compliment.

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Parlons maintenant argent (le sujet qui fâche,  je sais). Tu dis passer du temps à préparer tes billets, à faire plaisir à tes lectrices et que par conséquent si tu «  peux en tirer un peu de profit autre que la fierté et le plaisir d’éditer un blog et de partager des jolies choses » alors tu le fais. Tu dis pouvoir concilier les deux. Et même si tu le rappelles, tu ne gagnes pas des millions, n’est-on pas à un moment donné attiré par l’appât du gain plus que par le simple plaisir de donner aux gens qui nous lisent ?

On peut, oui. Mais je suis convaincue que l’on peut faire les choses sainement, en s’imposant des règles. Par exemple, ne pas franchir la ligne rouge, expliquer les choses aux lectrices (cf la FAQ de mon blog), savoir dire non quand on nous propose un truc hors sujet. Du coup, je pense que l’on peut monétiser sainement son blog, si je puis dire. C’est ce que je m’emploie à faire. Le tout en toute légalité, en déclarant mes revenus, etc. Je considère que je ne dois donc pas de justification tant que tout est fait dans les règles : les règles qu’imposent la loi, mais aussi celles que je me fixe en matière d’éthique.

Dans ta FAQ justement, tu t’adresses aux marques en expliquant que si elles souhaitent t’inviter à un événement quelconque, tu « attends une relation « win-win ». » Tu souhaites « qu’elles considèrent les blogueurs comme des êtres humains à part entière, qu’elles sachent comprendre leur univers, qu’elles soient un minimum informées de qui est qui, qui écrit quoi », c’est pour toi une forme de respect. Qu’entends-tu par « les blogueuses reçoivent trop de propositions bidons » ?

Je considère le blogging comme une aventure humaine avant tout. Au quotidien, on échange avec les lectrices, d’autres blogueuses, des marques, etc… Je n’ai pas envie que l’on m’envoie un mail m’imposant de parler d’une marque. Je n’ai pas envie de lire une liste de doléances longues comme le bras avec rien du tout en retour, même pas pour mes lectrices. Je n’aime pas que l’on se serve de mon audience, sans relation de confiance notamment. Je t’invite à faire un tour dans ma boîte mail, tu verras qu’il y a des trucs franchement abusés…!

Il faudra que tu me montres oui ! En attendant, quels sont tes projets pour l’avenir ?

Honnêtement, je n’en sais rien. J’ai de gros challenges professionnels pour les mois à venir. Je me concentre à fond dessus et si j’y parviens, je serai très fière. J’aime être tout le temps challengée, j’en ai besoin pour m’épanouir. Sinon, si ce n’est pas / plus le cas, je me lasse et je passe à autre chose. Je ne saurais pas me projeter dans les 10 ans à venir par exemple, car durant les six dernières années tout a énormément bougé pour moi. En sortant de l’école, je n’aurais jamais pensé exercer ce métier, je voulais être journaliste par exemple. Aujourd’hui, je suis community manager… Mais demain ? Aucune idée. J’évolue au gré des missions que l’on me confie dans ma vie personnelle, professionnelle ou dans ma vie de blogueuse. De telle sorte que j’ai désormais plusieurs cordes à mon arc et j’aimerais en avoir davantage encore. Disons que je me construis pour être encore une adulte à part entière dans quelques années.

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Avant de terminer, un petit conseil beauté pour les lectrices de Quozzy ?

Ayez confiance en vous. Vous le valez bien, comme dirait l’autre !

Encore un grand merci à Capucine d’avoir répondu à nos questions, vous pouvez la retrouver par ici ou sur Twitter :


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