Cannabis : le changement pas pour maintenant

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Toi aussi tu veux savoir si tu pourras un jour fumer ton pet’, ton bédo, ton oinj, ton kick, ton stick, bref ta cigarette magique, sans aller en prison en ne passant pas par la case départ et ne touchant pas 20 000 francs ?
La question est assez complexe parce qu’elle fait débat, et comme dans tout débat qui se respecte, personne n’est d’accord.

 

 

Déjà on ne parle pas de légalisation mais de dépénalisation. La différence est simple, si on légalisait le cannabis, cela voudrait dire qu’on pourrait acheter de la marijuana dans une boutique qui a pignon sur rue ; si on dépénalisait le cannabis, cela voudrait dire qu’on ne risquerait plus d’être condamné pénalement (prison, et tout le toutim) pour avoir fumé. Mais déjà je vois que votre esprit éveillé remarque le paradoxe, voire l’hypocrisie qui peut se cacher derrière la dépénalisation (qui a dit que la fumette rendait bête ?). Si on dépénalise, le produit reste illégal et ne peut, normalement, pas être vendu mais on pratique une tolérance à l’égard de ceux qui le consomment. Oui, oui, vous avez bien lu, c’est comme avoir le droit de manger du chocolat mais ne pas pouvoir en faire commerce. On ne punit pas le consommateur mais le trafiquant.

Alors on pourrait se dire qu’il serait encore plus simple de légaliser tout ça, pour assurer une sécurité des consommateurs et encadrer la mise sur le marché des produits. Oui mais non. Pourquoi ? Parce que la question est plus sensible qu’elle n’y parait.

 

 

Il y a derrière tout ça une question morale. Permettre la consommation de cannabis c’est permettre la consommation de drogue. Et la drogue c’est mal, m’voyez… Faisons un petit tour du côté des définition, c’est toujours très instructif. L’OFDT (Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies) définit la « drogue » comme suit : « Produit psychoactif naturel ou synthétique, utilisé par une personne en vue de modifier son état de conscience ou d’améliorer ses performances, ayant un potentiel d’usage nocif, d’abus ou de dépendance et dont l’usage peut être légal ou non ». Si on s’en tient à cette définition, ne peut-on pas dire de façon tout à fait objective que la cigarette est une drogue, l’alcool est en potentiellement une, mais les anti-dépresseurs, anxiolitiques et autres médicaments qui peuvent nous faire voir la vie en rose le sont également.

Aïe, on touche un point sensible. Mais les arguments principaux seront que « le cannabis ça tue tes neurones man, regarde Doc Gyneco ». Plus sérieusement il y a plusieurs points qu’il ne faut pas négliger. On en entend beaucoup parler mais il y a effectivement les effets à long terme sur la santé mentale et physique. Pourtant, plusieurs études scientifiques montrent que la marijuana n’a pas que des effets négatifs, elle peut avoir des effets anti-dépresseurs, contre certaines douleurs mais aussi augmenter la créativité de ses consommateurs. Mais les risques liés aux abus restent très importants.

La gauche plus laxiste ? Pas tellement. En fait il n’y a pas de consensus au sein du Parti socialiste sur la question de la dépénalisation ou non. Elle s’est posée pendant les primaires citoyennes où certains candidats et même des proches de François Hollande s’étaient positionnés en faveur de cette mesure. Ne vous réjouissez pas trop vite peuple de l’herbe ! François Hollande s’est ensuite prononcé publiquement contre tout assouplissement de la législation en affirmant que « consommer doit rester un délit ». Avec la nomination de Manuel Valls, farouchement opposé à toute concession sur le sujet, au Ministère de l’intérieur, Marie-Jeanne n’est pas prête de sortir du grenier. Par ailleurs, dépénaliser la cannabis poserait la question du traitement à réserver aux autres drogues et on retombe alors dans le cercle vicieux qui consiste à repousser à chaque fois un petit peu la frontière de l’acceptable. Mais alors où situer la limite ?..


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